Edito

Attentes et préjudices

J’ai beaucoup de défauts et complexes et le moins qu’on puisse dire c’est que j’en montre tous les recoins. Je n’en suis pas particulièrement fière mais ma carapace fine et translucide les laisse paraître et ne me laisse autre choix que de les assumer. Mes humeurs sont nombreuses et impromptues. Elles basculent et bousculent. Elles se conjuguent au pluriel et vivent simultanément dans le présent. Et avec tous ces défauts, j’en veux plus. J’aspire à plus. Je désire plus.

Vu ce que j’ai à offrir en tant que personne, je pense que mes standards et attentes doivent être revus à la baisse. Mais je veux quand même plus, indépendamment du mérite.

Je ne pense pas non plus être la moins méritante, mais dans le concours de la vie, ma foi en moi ne me fera pas gagner des places dans le classement.

Certaines personnes donnent beaucoup. Plus qu’il ne l’est attendu. Plus que personne n’aurait demandé. Plus que personne ne pourrait rendre. A se demander s’ils sont masochistes ou uniquement des altruistes égarés dans ce bas monde avec nous autres égoïstes.

Par méfiance et manque d’amour, on se demanderait même s’ils ne font pas qu’expier leurs pêchers. Mais si tel est leur châtiment, je trouve qu’il n’est pas cher payer. Ça aurait pu être plus élaboré. Satan aurait pu se concerter. Nous l’aurions aidé.

D’autres ont tout pour eux mais si peu à offrir. Ils sont bons, bienveillants et même généreux. Mais rien n’y fait, malgré leur bonne volonté, ils arrivent pas à donner ce que l’on attendrait d’eux. Leur manque d’égoïsme, de narcissisme, d’égocentrisme fait qu’ils n’arrivent pas à cerner les attentes et désirs des autres et d’y répondre.

Ils semblent ne pas vouloir plus, ne pas aspirer à plus, ne pas attendre plus. On dirait qu’ils n’ont pas le temps pour plus. Ils ne sauraient que faire de plus. A se demander s’ils s’attendent à moins pour être enfin rassasiés. Mais que faire de ce surplus ? Faut-il le noyer aussi avec ses complexes jusqu’à ne plus rien ressentir de manquant, jusqu’à ne plus être apte à formuler de requêtes ?

Et puis, il y a nous, des éternels insatisfaits, donnons peu et demandons toujours plus. Qui est véritablement à blâmer ? Qui est véritablement à plaindre ? Ceux qui donnent sans jamais satisfaire ou ceux qui prennent sans jamais rendre la pareille ?

Nous basons nos jugements et sentiments sur l’ensemble de nos expériences vécues et le goût que chacune nous a laissé. Certaines choses, une fois vécues, ne peuvent plus être égalisées. Elles doivent être dépassées, détrônées. Et même lorsqu’on est chanceux et que l’on obtient plus, ce n’est jamais assez. Nous en voulons encore plus. Plus en émotions, plus en adrénaline. A se demander si l’on n’est pas fait pour vivre avec cet arrière goût de « je ne sais quoi » et qui nous fera languir à plus jusqu’à notre dernier souffle. Peut-être devrions-nous tous juste accepter nos côtés du spectre et assumer nos rôles.

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