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Humain, le label

On se sent tous par moment seuls, mal-aimés, mal-compris. On a tous cette voix déprimante qui nous rappelle que l’on n’est pas suffisamment important dans ce monde. Et si elle raisonne si fort, c’est parce qu’elle n’a pas tort. Nous ne sommes pas moins de 7.7 milliards de personnes sur cette terre. Nous sommes presque rien. Mais nous ne sommes pas rien. Nous existons et notre existence suffit. Nous sommes importants. Tous. Et par moment, nous créons de belles choses. Nous aimons, nous donnons, nous créons. Nous nous sauvons. Nous n’avons ni ange gardien ni une équipe de choc rien que pour nous. Nous n’avons que nous et les relations humaines que nous tissons en cours de route. Pourtant, par moment, des inconnus nous tendent la main. Et parfois même sans qu’on ait à lever le petit doigt. Ils nous aident. Ils nous aiment. Ils nous sauvent. De ces relations parfois naissent amours et amitiés. Tandis que d’autres fois, elles se suffissent à elle même. Comme une carte prépayée qui s’épuise. Il nous arrive de la recharger et d’en tirer plus. Comme il arrive que le dernier usage ne suffise pas. On a beau en vouloir à la carte, la violenter, la maudire, rien n’y changera. Elle a tout donné. On a pris tout ce qu’il y avait à prendre.

Quand une personne nous tend la main, on lui reste redevable. On la remercie et si l’occasion se présente, on lui rend à notre tour faveur. Sinon, on esquisse ce moment d’humanité et continue notre chemin.
Quand une personne nous aide, on ne dédie pas sa vie à elle ; c’est de l’adoration. La redevabilité n’implique pas de centrer sa vie sur cette personne ; c’est de l’obsession. Ou de la suivre à l’autre bout du monde ; c’est de la folie. On ne doit pas vivre sous son ombre ; c’est de la dépendance. Et encore moins attendre qu’elle nous voit, tel que l’on est réellement, voire nous aimer ; c’est un fantasme.

Dès notre enfance, on nous prône les valeurs humaines et nous apprend les bonnes manières. On nous dicte les règles de civisme nécessaire pour s’épanouir en société, ou à défaut y survivre. Et au-delà de la théorie, chacun finit par s’imprégner de ceux qu’il a côtoyé et de retenir ce qui lui parle le plus. Nous sommes tous différents après tout. Le conformisme a beau essayé mais n’y changera rien. Nous avons pris de lui ce qui était nécessaire à notre survie. Puis, nous avons battis autour ou juste à côté ce qui nous parlait le plus. Mais au final, nous passons tous au peigne fin. On nous étiquette au grès des humeurs et des contextes. On nous reconditionne puis nous laisse voler de nos propres ailes. Pour nous sortir, au fils de nos situations et accomplissements, un je le savais, j’ai toujours cru en toi, ou au contraire, pas du tout. On parie sur nous. Secrètement. Mais sûrement. Tout le monde semble détenir la vérité. Non pas sur soi-même mais sur l’autre. Notre instinct et ego adorent ce jeu. Il ne les inclut pas. Ils n’y participent pas. Du moins, pas dans la partie qui leur est dédiée. Ils sont tantôt juges, tantôt spectateurs, comme nous. La bonté, la gentillesse, l’empathie, la compassion sont des notions toutes aussi proches et dérivées que délirantes et dérapantes. Poussées au mauvais degré, elles deviennent négatives voire pathologiques. Il suffit de mal doser et l’étiquette est aussitôt changée. Plus de retour possible.

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